Toxic Food, le livre “à lire absolument avant de manger” – Interview de William Reymond

12 avril 2010

toxic foodAujourd’hui, pas de recettes de cuisine mais il est quand même question d’alimentation. Et du très sérieux, et alarmant, sujet de la malbouffe.

Si vous visitez mon blog régulièrement, vous avez surement constaté que je suis attentive à la qualité des produits que je mange et à leur provenance. Que j’affectionne les ingrédients frais, de saison et que j’évite les produits industriels.
Aussi, il me semblait important d’aborder, sur ce blog, les enquêtes de William Reymond, journaliste d’investigation, sur l’industrie agro-alimentaire et la malbouffe.

Il y a presque 10 ans, William Reymond a entamé une enquête d’envergure, mondiale, sur l’industrie agro-alimentaire. Son premier livre, Toxic : Obésité, malbouffe, maladie : enquête sur les vrais coupables, paru début 2007, faisait un premier constat très alarmant sur les effets de cette alimentation industrielle sur notre santé et  notre corps. Il dévoilait alors la face cachée de cette industrie au grand public, dénonçait leurs pratiques et nous mettait en garde sur les « conséquences nocives de chaque coup de fourchette ».

Depuis, il n’a cessé d’approfondir le sujet, plongeant toujours plus loin dans les arcanes de ce secteur qui règne sur « 80% de notre alimentation » selon son effrayante observation. En novembre 2009 est paru le deuxième volet de son enquête, Toxic Food : Enquête sur les secrets de la nouvelle malbouffe. Un livre que j’ai entamé avec un peu d’appréhension … Parce chacun des éléments que rapporte William Reymond, dans ce livre, sont le fruit de recherches approfondies. Étayé et confirmé par des études scientifiques, l’auteur met en évidence le rôle de l’alimentation industrielle dans l’augmentation du nombre de cancer, de maladie cardio-vasculaire, dans l’apparition de nouvelles maladies, dans l’épidémie d’obésité … Entre autre …
Qu’allais-je donc découvrir cette fois-ci ? Quel poison avais-je mis dans mon assiette … à l’insu de mon plein gré ? Une fois commencé, impossible de refermer ce livre, sa lecture était facile et captivante. L’appréhension avait cédé la place au besoin de savoir et je l’ai littéralement avalé … mais pas digéré !
Je ne vais pas vous raconter son livre, ce serait bien trop long ! Mais la conclusion qui s’impose en le refermant est que la vigilance est plus que jamais de mise, une alimentation trop industrielle nous empoisonne à chaque bouchée. Et petit à petit nous tue …

Pour ne pas vous laisser sur votre faim et pour aborder plus en détails certains des sujets traités dans ce livre, j’ai posé quelques questions à William Reymond et je vous livre ses réponses :

william reymondPourquoi ce deuxième livre sur la malbouffe ? Même si moi je le sais parce que j’ai lu le livre … ;)
W.R : Toxic était la première étape d’un voyage. J’étais parti du constat que la crise de l’obésité était mondiale pour ensuite tenter d’en découvrir les raisons. Cette étape là m’a amener au fond de nos assiettes et à la révélation que notre alimentation – qui a considérablement changée ces 30 dernières années – est le facteur principal de la pandémie.. Mais, raison pour le second livre, la pandémie n’est que la face visible d’une crise sanitaire bien plus profonde. Dans Toxic Food, je raconte comment l’essentiel de notre alimentation joue un rôle essentiel dans l’essor de certains cancers et autres maladies modernes.

Tu dénonces dans ce livre le danger mortel, études scientifiques à l’appui, de se nourrir d’aliments industriels. Tu dis avoir changé ta façon de t’alimenter. Que manges-tu ? Et à quel coût ?
W.R : Notre alimentation est aujourd’hui principalement constituée de produits préparés industriellement. Des aliments qui ont perdu leurs vertus et auxquels on ajoute des produits chimiques. Cette combinaison nous rend malade. De mon côté, j’ai le privilège de pouvoir consommer essentiellement des produits bio. Mais l’idée principale est de reprendre le contrôle de nos assiettes et donc de reprendre le chemin de nos cuisines. Il s agit de préparer le maximum de son alimentation en partant de produits frais. Ton blog et d’autres jouent un rôle important dans la lutte contre la toxic food. Non seulement, ils nous ouvrent à des multiples recettes mais aussi introduisent la notion de plaisir autour de la table. C’est vital. Lorsque on aime acheter de bons produits, lorsque on se passionne pour les accommoder et ensuite on aime les partager autour d’une bonne table, on évite le plat surgelé et ses conservateurs chimiques.

Tu fais à nouveau référence, dans ce livre, au sirop de fructose-glucose … Qui a, je trouve, un nom à « consonance » plutôt inoffensive … Et pourtant !! Quels sont les risques / dangers à consommer des produits qui contiennent du sirop de fructose-glucose ?
W.R : Le sirop de fructose-glucose est un produit synthétique créé à partir de maïs ou de blé et qui a un fort pouvoir sucrant. Il permet aussi de conserver les aliments plus longtemps et de protéger les plats surgelés de la morsure du froid. Et plus important encore aux yeux de l’industrie agro-alimentaire, c’est un produit qui coûte peu. Et c’est pour cela que du pain aux yaourts en passant par la vaste majorité des plats préparés, on en trouve de partout.
Le hic c’est que son arrivée dans notre alimentation correspond parfaitement à la naissance de crise mondiale d’obésité. Non seulement le produit n’est pas assimilé par notre organisme mais il contourne le sentiment de satiété de notre cerveau. En gros, notre cerveau ne le reconnaît pas et ne nous envoie pas de message de mise en garde lorsque nous le surconsommons. D’autres études démontrent aussi son rôle dans la formation de mauvais cholestérol. Un produit a éviter donc.

Un chapitre est consacrée à l’acrylamide, substance cancérigène qui se forme naturellement pendant la cuisson de certains aliments, comme les frites, les crackers, les céréales pour petit-déjeuner ou biscuits par exemple. Quels sont les effets de cette substance sur notre santé ? Existe-t-il des solutions pour éviter sa formation ?
W.R : Nous savons depuis le début des années 2000 que l’acrylamide se formant lors d’une friture à haute température est une substance cancérigène. Il n’y a aucun débat et doute sur la chose. Le plus troublant comme je le raconte dans Toxic Food est que malgré cette certitude, rien ou presque n’a été fait pour limiter sa présence dans notre alimentation moderne. Sans tomber dans le radicalisme de suggérer la non-consommation de ces produits, il existe des moyens pour en limiter la formations tels qu’un meilleur choix des variétés de pommes de terre et des meilleurs conditions de stockage. Des solutions faciles qui pourtant ne sont pas appliquées. L’industrie a peur du changement, des frais qu’il peut entraîner et, en attendant que cela devienne un problème majeur, continue de nous empoisonner.

Les fruits et légumes sont aussi dans le collimateur puisque des études scientifiques ont prouvé qu’ils ont perdu, ces dernières années, une partie de leurs nutriments, en particulier leurs vitamines, et ont gagné en eau. Sauf ceux qui sont bio selon tes sources … Mais cet été, une étude anglaise* a fait grand bruit en indiquant que les fruits et légumes bio n’avaient pas d’avantages nutritionnels … Bref, je me retrouve un peu perdue moi la peucheure de ménagère … Qui croire ?
W.R : La méthodologie et l’échantillonnage de l’étude en question ont depuis été remis en question. L’idée de brouiller le débat pour mieux perdre le consommateur est une tactique inventée par l’industrie du tabac et reprise par l’agro-alimentaire. Je ne dis pas que c’est le cas ici mais cela contribue à ce phénomène. La vérité est qu’une multitude d’études, portant sur du long terme et avec des échantillons conséquents prouvent la supériorité des produits issus de l’agriculture biologique. Et puis cela peut paraître évident mais n’oublions pas non plus les bénéfices écologiques de la pratique et sanitaires en limitant notre consommation de pesticides.

*Les bénéfices du «bio» en question

William Reymond est un journaliste français vivant aux États-Unis, auteur de nombreux ouvrages chez Flammarion, dont les best-sellers Dominici non coupable, JFK dernier témoin, Coca-Cola l’enquête interdite et Toxic. Son site : www.williamreymond.com

Posté dans : Bla bla

Note générale concernant les recettes avec une cuisson au four : les temps de cuisson, au four, sont donnés à titre indicatif. Il est nécessaire de les adapter en fonction de votre matériel. Plus d’infos ICI. Vérifiez toujours la cuisson en plantant au centre du cake ou du gâteau, une pique, la lame d’un couteau ou un cure-dent, par exemple. Il doit ressortir bien sec.

Texte, recette & photographie de Carole
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12 Commentaires

  1. delph

    Article très intéressant et qui me donne envie de lire ce livre. Ayant découvert que j’étais intolérante au gluten, depuis je fais attention, persuadée que l’alimentation a une grande importante dans notre santé. Du fait, de cette intolérance, je cuisine tous les jours et je n’achète rien (ou rarement) de produits “tout fait”. Ma seconde étape serait d’apprendre à mes enfants à cuisiner (le plus grand à 10 ans !) pour ne pas qu’ils deviennent, comme beaucoup d’ados, des accros au McDo ou au réchauffer-micro-ondes !
    Bravo de nous avoir fait profiter de ce livre !

  2. trinidad

    j’ai lu ce livre qui s’est avéré très instructif. Certains points m’étaient connus (sirop de glucose-fructose, graisses hydrogénées etc) mais d’autres m’étaient totalement inconnus (entre autres l’acrylamide).
    C’est une bonne idée cette interview, elle donnera peut être l’envie à tes lecteurs de s’intéresser à la cuisine, oui, mais aussi à une alimentation respectueuse pour la santé aussi.

  3. talons hauts et cacao

    je me suis attardée sur ce livre en librairie et pour les vacances d’avril c’était dans un de mes trucs à faire : acheter ce livre, mais là je crois que je ne vais pas attendre encore 2 semaines !

  4. Le Blog de Pouce

    Tu m’as donné envie de lire ce livre. Par contre, comme toujours, j’ai du mal avec les extrêmes et je le lirais donc avec un certain recul.
    Je consomme peu de produits industriels mais je ne peux pas dire pour autant que je n’en consomme pas du tout. Ils sont là pratique et prêt à nous dépanner ! Et ça aussi c’est important. On n’a pas toujours le temps de tout préparer. Et il faut donc aussi pouvoir accepter de manger un paquet de gâteau sans pour autant culpabiliser à mort.
    Il faut donc savoir consommer de tout mais avec modération.

  5. nanoud

    très intéréssant ton billet mais aussi très inquiètant bien sûr … à méditer , j’irai le regarder cet été quand je rentrerai .
    Merci pour ces infos .

  6. piroulie

    Merci pour cet article instructif et interressant
    Je vais essayer de l’avoir à la bibliothèque
    Je viens d’emprunter un livre sur le groupe Monsantos qui est assez terrifiant !!
    On doit vraiment surveiller ce que l’on consomme
    bisous

  7. Cecile de MenuGourmet

    Merci, grâce à vous, j’ai eu connaissance des 2 livres, que j’ai lu dans la foulée. J’ai eu besoin de faire une pause entre les 2, pour cause d’écoeurement et d’inquiétudes à la fin du premier. C’est sans surprise que je n’ai pas trouvé de bonne nouvelle dans le second. A nous d’être vigilants et responsables. Finis les sirops de fruits, vive les feuilles de menthe dans l’eau et le sirop Monin, qui d’après ce que je lis met du sucre en ingrédient. C’est affolant et mon inquiétude bascule sur les cantines, car là, on ne contrôle rien. A quand les cantines bio dans les écoles de nos enfants? Que font les responsables? Ils sont trop vieux pour être parents d’enfants en bas âge, mais ils seront bientôt grands-parents.

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