Vers le haut

Archive pour décembre 2008

Terrine en croûte de mon arrière arrière grand-mère … Un must !

Bon ben … J’ai gagné 10 petits degrés … mais aussi 40 cm de neige fraiche dans mon jardin et il neige à gros flocons. Le petit « tas », à gauche du tronc d’arbre … C’est mon rosier ! Peuchère …

Mon billet est un peu long aujourd’hui car je vous propose ma recette la plus précieuse. Chère à mon cœur, évocatrice de superbes souvenirs, elle déclenche, à chaque dégustation, tourbillons d’émotions et de saveurs. Cette terrine en croute, nommée ainsi dans le titre pour un petit effet de style, est un incontournable de mon repas de Noël … Une tradition familiale tenace et vieille de près d’un siècle ! :o

Aussi loin que je m’en souvienne, elle a trôné sur notre table de fêtes. Attendue chaque année avec impatience, je n’ai jamais été déçue.
Star incontestable de notre repas, cette terrine, appelée familièrement « le pâté de Mamé* » car j’ai toujours vu que ma grand-mère la préparer, est la meilleure que j’ai eu l’occasion de déguster. Topissssssiiiiiiiime (copyright Annéllenor). Et même plus ! Dangereusement bonne car elle fut régulièrement à l’origine d’âpres négociations afin de déterminer qui aurait du rab. Je crois même qu’on aurait pu en venir aux mains pour s’assurer que le dernier morceau atterrirait dans notre assiette. Pour ma part, je me damnerais sans aucune hésitation pour ce pâté.

La recette originale m’a été transmise par la maman de mon arrière grand-père. Si la préparation de la farce est restée identique à la recette originale, la pâte, elle, a évoluée au fil des ans. En partie parce que les indications** de mon arrière arrière grand-mère ne sont pas des plus compréhensibles …
Mon arrière grand-mère et ma grand-mère ont ensuite ajouté leurs touches personnelles et des recommandations*** aujourd’hui obsolètes : elles ont longtemps utilisé une préparation Alsa, pour la pâte, appelée « Feuilletine » qui n’existe plus depuis plusieurs années.
S’en est suivi une période de flou autour de la réalisation de la pâte … Parfois brisée, parfois feuilletée … Aussi, lorsque j’ai récupéré la recette et perpétué la tradition, j’ai ajouté moi aussi mon grain de sel en élaborant une pâte à mi chemin entre la brisée et la feuilletée.

Je dissémine volontairement des extraits du texte d’origine et des remarques de mes aïeules, en italique dans le texte, parce que c’est amusant ou important.

Terrine en croûte de mon arrière arrière grand-mère

Ingrédients pour un moule rond de 20 cm de diamètre :
Farce:
- 250 gr de porc haché par le boucher
- 250 gr de veau haché par le boucher
- Un peu plus de ½ hecto de petit salé haché (75 gr)
- 8 boules de genièvre finement pilées
- Un bouquet composé d’une feuille de laurier, d’une branche de thym et d’une branche de romarin
- Une assez grosse quantité de persil (une dizaine de branche pour moi, ciselées)
- 40 à 50 gr de beurre (20 gr de beurre et une c à s d’huile d’olive pour moi)
- Un bon bol de pain trempé dans du lait (80 gr de mie de pain sèche puis trempée dans du lait pour moi)
- 2 œufs
- Sel et poivre
Pâte :
- 250 gr de farine
- 140 gr de beurre très froid
- 10 cl d’eau
- 1 c à c de sel

Faire tremper le pain dans un bol de lait.
Faire chauffer le beurre et l’huile dans une cocotte. Y ajouter le viande (sauté de veau maigre et rôti de porc sans os pour moi), le petit salé, les boules de genièvre pilées, le bouquet et le persil.
Saler et poivrer. Faire bien revenir le tout. Ensuite ajouter le bon bol de pain trempé, pressé bien entendu. Bien mélanger.
Laisser refroidir puis entreposer au réfrigérateur le temps de préparer la pâte.

Couper le beurre en très petits morceaux.
Dans un saladier, mélanger la farine et le sel. Ajouter les morceaux de beurre et mélanger sans écraser le beurre. Ajouter l’eau et mélanger de façon à obtenir une boule mais sans pétrir pour ne pas trop écraser les morceaux de beurre. Filmer et entreposer au réfrigérateur 30 minutes.
Sur un plan de travail légèrement fariné, étaler la pâte au rouleau en forme de rectangle et d’une épaisseur de 1cm. Replier la pâte en 3 dans la longueur, façon portefeuille, puis faire un ¼ de tour à droite. Faire une petite marque dans le coin haut droit, en enfonçant le doigt, pour se souvenir du sens. Entreposer au réfrigérateur pendant 30 minutes.
Effectuer encore 2 fois cette manipulation en respectant le temps de réfrigération de 30 minutes.

Préchauffer le four T6 (180°C)
Beurrer un moule rond et assez haut. Je vous conseille un moule à charnière car le démoulage est délicat.

Sortir la farce du réfrigérateur. Retirer le bouquet. Pétrir avec les 2 œufs entiers.

Abaisser la pâte de la forme d’un grand cercle qui pourra recouvrir le fond du moule et ses côtés. Pour les côtes, on plisse un peu le cercle quand on l’installe.
Ne pas oublier de garder un petit morceau de pâte pour abaisser un petit cercle qui servira de couvercle et 99 (!) losanges ou autres pour faire une petite décoration sur le couvercle. J’ai fait 4 ou 5 losanges que j’ai disposé sur le couvercle.

Mettre la farce sur la pâte et ajouter le couvercle en rabattant dessus, sur les bords, les côtés de la pâte. Bien fermer en collant les 2 bords avec le doigt mouillé et en pinçant.
Il ne faut absolument pas, qu’à la cuisson, la farce puisse s’échapper des bords.
Au centre du couvercle, faire un petit trou dans lequel on introduit une carte de visite roulée qui sert de cheminée. On cachera le trou avec un motif de pâte qu’on aura fait cuire pour la décoration.
J’ai utilisé du papier alu roulé pour faire la cheminée. Il est important, une fois le pâté cuit, de boucher le trou pour que la farce ne sèche pas.

Enfourner et cuire 40 à 50 minutes. Démouler chaud.

Se prépare 2 ou 3 jours à l’avance et se mange froid mais non réfrigéré. Les meilleurs moules sont des cocottes rondes en aluminium. Bien entendu, si on a truffé le pâté, c’est plus délicieux.

Notes :
* Mamé est la traduction provençale de Mamie
** Indications de mon arrière arrière grand-mère pour la pâte : Un peu plus d’½ hecto de beurre, 2 œufs, une cuillère à soupe de lait, une pincée de sel, farine nécessaire à la formation de la pâte. Abaisser la pâte au rouleau d’une épaisseur d’une pièce de 40 sous. Une pincée de levure en poudre après avoir travaillé la pâte.
*** Indications de mon arrière grand-mère et grand-mère : Préparer la croute avec un paquet de Feuilletine Alsa. Elle est beaucoup plus fine et il est certain de bien la réussir avec une feuille et demi. C’est le feuilletage rapide, boite N°1 qu’il faut employer. Voir la notice dans la boite.

Panna cotta d’infusion d’ail aux brocolis

Je suis verte … Non … Bleue ! De froid … Quand je suis arrivée dans les Alpes, j’ai investi dans une simili station météo. Devenue ma meilleure amie, elle est cependant quelquefois très contrariante. Comme ce matin où elle indique, sous ma terrasse couverte, – 9,4 °C :( (
A la louche, avec les 20 cm de neige dans les rues et un ciel plutôt dégagé, je dirais que sur la place du marché il fait un bon -12°C … Moi ? Une météorologue en herbe ?

Inutile de vous dire que je ne vais pas mettre le nez dehors … Ni aller faire mon marché … Ni manger de panna cotta car une soupe bien chaude est plus appropriée.
Et en brique la soupe. Je sais, je sais, encore un « mythe » qui s’effondre … Mais là j’ai une bonne excuse : à cette température, les légumes frais congèlent sur les étals .
Et j’ai même une 2eme bonne excuse. La meilleure. A cette température, c’est mon organisme de Marseillaise, absolument pas adapté aux froids sibériens ou presque, qui congèle ! :o

Panna cotta d’infusion d’ail aux brocolis

Ingrédients pour 4 :
- ½ oignon
- 250 gr de bouquet de brocolis
- 3 cl de vin blanc
- 7 cl d’eau
- 40 cl de crème liquide
- 20 cl de lait
- 2 gr d’agar agar
- 1 gousses d’ail
- 1 feuille de laurier
- 1 pincée de paprika

Cuire les brocolis : Laver les bouquets de brocolis et couper les plus gros en 2 ou en 4.
Eplucher et émincer le ½ oignon. Le faire revenir avec un peu d’huile d’olive, dans une sauteuse ou un wok. Laisser dorer 5 minutes puis ajouter les brocolis, le vin blanc et l’eau. Porter à ébullition puis baisser le feu et laisser cuire à couvert 20 à 25 minutes.
Lorsqu’ils sont cuits, les mixer finement.

Préparer la panna cotta : faire chauffer le lait et la crème. Retirer du feu et ajouter la gousse d’ail épluchée et hachée ainsi que le laurier et le paprika. Saler et poivrer. Laisser infuser une dizaine de minutes puis filtrer et laisser refroidir.
Ajouter l’Agar Agar. Porter le mélange à ébullition pendant une vingtaine de secondes. L’ajouter aux brocolis mixés. Mélanger, doucement pour ne pas faire entrer d’air, jusqu’à ce que la préparation soit homogène.

Huiler légèrement des ramequins en utilisant du papier absorbant imbibé d’huile d’olive. Y répartit la panna cotta. Tapoter les moules doucement pour faire remonter les bulles. Laisser refroidir puis mettre au réfrigérateur au moins 3 h.

A déguster avec des crackers « maison » au fromage de chèvre & thym

J’ai proposé cette recette comme entrée de mon menu spécial Noël sur le site femininbio.com

Mendiants au chocolat noir, pistaches & clémentines caramélisées

Le mois de décembre et l’approche de Noël sont placés sous le signe des traditions. Certaines universelles et d’autres familiales … Et j’en ai plusieurs de ces traditions familiales auxquelles je tiens beaucoup et dont je vous parlerais tout au long de ce mois.

Début décembre, quand nous étions petits, avec mon frère, une de nos activités incontournables à l’approche de Noël, était la peinture des santons pour la crèche.
Afin d‘organiser cet épisode artistique (sic), nous allions d’abord faire notre visite annuelle à la foire aux santons, présente chaque année au mois de décembre sur la Canebière depuis 1803 (!), pour s’approvisionner en santons tout nus …
Une visite magique où les santons les plus variés, de la miniature aux grands et superbes santons, réalisés dans la plus pure tradition provençale et vêtus des plus beaux tissus, se côtoyaient pour notre plus grand plaisir et émerveillement.
De retour à la maison, armés de nos pinceaux, nous peinturlurions, dans un style très personnel, les futurs santons de notre crèche.

Fiers de nos œuvres et considérant qu‘une récompense s‘imposait, nous passions ensuite en cuisine afin de réaliser la délicate opération de caraméliser des quartiers de mandarines ou clémentines … Et croyez-moi, quand le croquant du caramel rencontre le moelleux et juteux des agrumes … C’est … Hummmm … tout simplement diabolique !

Si j’ai cessé depuis bien longtemps de peindre des santons, je perpétue la tradition clémentino-caramelesque et j’ai enrichi la recette originale pour vous proposer ces mignardises très gourmandes.

Mendiants au chocolat noir, aux pistaches & clémentines caramélisées

Ingrédients pour une quinzaine :
- 2 ou 3 clémentines
- 100 gr de sucre
- 200 gr de chocolat noir pâtissier
- Pistaches décortiquées

Eplucher les clémentines. Oter les parties blanches et les détailler en quartier.
Préparer un caramel en faisant chauffer le sucre additionné de 4 c à s d’eau. Lorsqu’il commence à blondir, retirer du feu. Tremper les quartiers de clémentine dans le caramel à l’aide d’une pique et les laisser refroidir sur du papier sulfurisé.

Enlever la peau des pistaches. Les tremper quelques minutes dans l’eau chaude pour faciliter cette opération. Torréfier les pistaches quelques minutes à la poêle ou au four.

Faire fondre le chocolat au bain marie. Le laisser tiédir puis déposer , avec une cuillère, des cercles de chocolat fondu d’environ 5cm de diamètre sur une feuille de papier sulfurisé. Déposer immédiatement un quartier de clémentine caramélisées et 2 ou 3 pistaches pour qu‘ils soient pris dans le chocolat. Laisser durcir.